Opposition au backtracking (suivi par géolocalisation des personnes infectées du covid-19)

Opposition au backtracking (suivi par géolocalisation des personnes infectées du covid-19)

Opposition au backtracking (suivi par géolocalisation des personnes infectées du covid-19)

Communiqué de presse 

 

Objet : Opposition au backtracking (suivi par géolocalisation des personnes infectées du covid-19)

 

Le 1er Avril dernier, suite à son déploiement dans certains pays tels que la Corée du Sud ou Taiwan et à un intérêt marqué par plusieurs acteurs économiques français, le Premier Ministre Edouard PHILIPPE a exclu de rendre obligatoire la surveillance numérique des personnes infectées par le covid-19 afin d’améliorer les résultats de la stratégie de déconfinement, restant à définir ce jour.

Pour informations, cette technologique basée sur la géolocalisation, consiste à installer une application sur smartphone pour prévenir toutes les personnes, dans un périmètre définie par Bluetooth, que l’on a le covid-19.

Il n’a toutefois pas été exclu la mise en place de méthodes de suivi ouvertes au volontariat, sans non plus poser les limites d’un volontariat, inciter moralement par les autorités.

 « « Restez chez vous », « respectez les gestes barrières »… : ces phrases résonnent en nous depuis plusieurs semaines telle une injonction à renier ce qui fait notre quotidien, nos libertés d’être et de faire.

Pleinement justifié en solidarité à celles et ceux qui sauvent nos vies, assurent notre alimentation, privilégient notre sécurité à la leur, nos libertés publiques et individuelles suivent actuellement une seule et même règle, collective et aveugle : le confinement.

 Cette séquence collective, appelant à l’unité entière de la nation, ne doit en aucun cas être le théâtre d’un fractionnement de nos droits ou d’une logique de restriction de libertés ciblées et individualisées, devenant ainsi une entorse grave à notre culture de libertés et à nos valeurs républicaines.

 Stigmatiser les françaises et les français en leur demandant de révéler leur état de santé à leur environnement, c’est prendre le risque d’abîmer considérablement et durablement nos libertés, à l’image du droit à l’oubli dans le cas d’un emprunt bancaire, pour les personnes vivant avec le VIH ou ayant déclaré par le passé une pathologie cancéreuse.

 Et après ? Irons-nous jusqu’à interdire d’accès à un marché ou à une grande surface une personne signalée ? Irons-nous jusqu’à obliger une personne contaminée à demeurer à son domicile ?

Ce chemin emprunté mènera forcément à l’exclusion et à la fin de notre recherche perpétuelle et continue d’égalité. Je m’y oppose fermement.

Notre seule et unique boussole doit être la suivante : Comment retrouver toutes nos libertés, sans céder aux sirènes de la crise et de la peur ?

 Au-delà de toute doctrine scientifique en matière de confinement, d’une mise en place potentielle de l’application en considération de la protection de nos données personnelles ou d’une réflexion sur le respect de nos libertés publiques et individuelles, proposer le backtracking, c’est ignorer nos territoires ou un illectronisme de plus en plus important.

 Toutes et tous ne bénéficient en effet pas de smartphone ou de montre connectée.

Toutes et tous n’ont pas accès aux réseaux internet, ainsi qu’en témoignent les nombreuses familles qui m’interpellent quant aux difficultés qu’elles rencontrent dans le cadre de la continuité pédagogique de leurs enfants.

Contentons-nous plutôt de remédier à l’urgence de la fracture numérique, tant décriée et si souvent minimisée ou de l’appropriation hétérogène de chacune et chacun aux outils numériques.

 Je finirai par ces quelques mots. Nous voulons toutes et tous nous prémunir face à cette crise sans précédent, et  collectivement, vous y parviendrons. Nous voulons toutes et tous également retrouver nos libertés, et, le jour d’après celles-ci devront être totales. »

 

Guillaume CHICHE

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