« Pourquoi je n'ai pas voté en faveur d'une ratification du CETA »

« Pourquoi je n’ai pas voté en faveur d’une ratification du CETA »

Nous étions ce jour appelés à nous prononcer sur la ratification du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada, plus communément connu sous le nom de CETA.
Celui-ci a pour objectif annoncé de renforcer les liens commerciaux entre ces deux partenaires historiques.
Député d’un département rural, je suis en constante interaction avec un monde agricole qui m’est cher, aux poids économiques et sociologiques conséquents, et dont je partage les attentes et inquiétudes quotidiennes.
Le monde agricole deux-sévrien a connu de nombreux bouleversements ces dernières années qui lui ont demandé une souplesse et une capacité d’adaptation sans égal, notamment pour que chaque agricultrices et agriculteurs puissent vivre dignement de son travail.
Permettre au monde paysan de pouvoir subvenir financièrement à ses besoins par le fruit de son travail passe nécessairement par la contractualisation d’accords commerciaux à l’échelle internationale. Il est ainsi bon de préciser que la Commission Européenne estime que le CETA devrait accroitre de 25 % les échanges commerciaux UE-Canada, soit à terme faire progresser le PIB de l’Union Européenne de 0,02 % à 0,08 %.

Un travail de négociations déterminé et ambitieux a été mené depuis 18 mois par la commission dite Schubert concernant l’impact du CETA sur l’environnement, le climat, la santé et les enjeux commerciaux. J’en salue les travaux. Néanmoins, je crois que la France est en droit d’exiger des garanties supplémentaires dans le cadre de cet accord pour répondre aux attentes environnementales de la population et aux inquiétudes économiques et sanitaires du monde agricole.
Le CETA ratifié en l’état suscite en effet craintes et interrogations : déstabilisation des filières françaises avec l’importation à droits de douane nuls (viandes bovines et porcines…), réglementation en matière sanitaire et de bien-être animal (autorisation d’OGM, d’engraissement aux antibiotiques contenant 46 substances actives interdites en Europe…), traçabilité et respect de l’environnement, mise en place d’un comité de suivi dont l’opérationnalité reste à éprouver.

Dans une séquence marquée par la défiance d’une partie de l’opinion envers la démocratie représentative, j’ai la conviction que nous devons convaincre avant d’agir pour écarter toute suspicion.
Par ce vote, j’ai souhaité exprimer la nécessité de renforcer les conditions d’import-export avec le Canada pour assurer à notre agriculture une pérennité économique, écologique et sociologique qui ne pourra lui en être que bénéfique, sans risques pour la santé de nos concitoyennes et nos concitoyens.
Désormais ratifié, j’appelle à la plus grande vigilance dans l’application des contrôles prévus et au renforcement de ces derniers.

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